Journée Internationale de la Femme Africaine 2020, prenons place à table

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31 juillet 2020

Journée Internationale de la Femme Africaine 2020, prenons place à table

Le 31 juillet  a été consacré Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA). Partout dans le monde et en Afrique en particulier, les femmes africaines sont célébrées et mises en lumière. Leurs œuvres, combats, ou problématiques sont dévoilés. Aujourd’hui, 31 juillet 2020, à l’occasion de cette journée, j’invite les femmes à s’investir davantage pour elles mêmes, sans peur ni honte. Car elles sont souvent limitées par un syndrome d’illégitimité intériorisé — le syndrome de l’imposteur — qui renforce le plafond de verre, le rendant encore plus incassable.

Les femmes plus touchées par le syndrome de l’imposteur

On entend par syndrome de l’imposteur le fait que certaines personnes qui réussissent parfaitement dans la vie, ne s’en attribuent pas le mérite. Elles ressentent cette sensation de « tromper » leur entourage. Ces personnes attribuent leur réussite au fait du hasard, de la chance ou d’autres facteurs exogènes. Le syndrome de l’imposteur•e est avant tout lié à une mauvaise estime de soi. Il est exacerbé par la socialisation et les stéréotypes (sociaux) de genre ; qui par exemple veulent que les femmes restent en retrait, qu’elles ne dirigent pas ou qu’elles ne parlent pas sinon très peu.

C’est donc assez naturellement que les femmes sont davantage touchées. En effet, l’on oppose très souvent aux femmes l’argument de la compétence créant ainsi en elles un complexe d’infériorité et un manque de confiance sous-jacent. Beaucoup de femmes éprouvent le sentiment d’avoir usurpé une place, de ne pas être à la hauteur du poste qu’elles occupent et/ou de ne pas avoir le droit d’y être. Les femmes ne sont pas tout à fait dépêtrées des places où on les a cantonnées pendant des siècles. Les femmes ne restent trop souvent « que des femmes ».

 « La norme culturelle des genres tend à encourager les petites filles à s’occuper des autres, au détriment parfois de l’expression de leurs propres besoins, à rester tranquilles, à ne pas se bagarrer quand elles ne sont pas contentes, ce qui se traduira plus tard par une hésitation à s’affirmer, à dire non, à se cantonner à la deuxième place« , Elisabeth Cadoche

Femmes africaines, « prenons place à table » !

Dans son oeuvre En avant toutes, Sheryl Sanderg invitait les femmes à « prendre place à table ». Pour elle en effet, les femmes éprouvent un sentiment d’imposture plus fort que leurs congénères mâles, se sous-estimant, et se jugeant plus durement. Prendre place à table, c’est apprendre à s’auto-célébrer. À se complimenter plutôt que l’attendre des autres, à être consciente de ses capacités et de ses compétences, à accepter les victoires et à les fêter sans avoir honte. Aujourd’hui, les femmes doivent apprendre à sortir de la fausse modestie dans laquelle leur éducation les a cantonnées.

Il va s’agir de prendre la parole en public pour exprimer nos opinions, même si l’on n’a l’impression que ce n’est pas juste. Nous avons aussi la lourde tâche de libérer nos filles des carcans qui ont été longtemps les nôtres. Finissons-en avec le sois belle et tais-toi ou le sois belle tout simplement. N’ayons pas peur d’êtres bruyantes, quand les hommes ne s’en soucient guère. Ayons la force de diriger, de pleurer s’il le faut mais de se relever ensuite. Si l’on veut prendre place à table, l’on devra sortir les poings et ne pas avoir honte de se défendre. Éduquons nos filles avec la conviction qu’elles peuvent y arriver d’elles mêmes. Affabulons les d’épithètes tels qu’intelligentes, courageuses, fortes, etc.. Donnons leur des ressources, au lieu de limites. Apprenons leur à explorer le monde, à le conquérir, à le diriger. C’est comme ça que nous prendrons place à table.

Michelle Obama, Simone Veil, Charlotte Gainsbourg… toutes ces femmes brillantes ont avoué qu’elles avaient souffert du « syndrome de l’imposteur »

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